FNAIM 2025 : la syndicalisation, un levier stratégique face aux défis du logement
En marge du congrès de la FNAIM, Édouard Morlot, président délégué de l’UNIS, a livré une analyse sans détour de la situation du secteur immobilier. Entre déficit de syndicalisation, politiques publiques jugées insuffisantes et résilience des professionnels, l’entretien met en lumière les enjeux structurels d’un secteur clé de l’économie française.
Une syndicalisation encore insuffisante
Aujourd’hui, seule une agence immobilière sur deux est syndiquée. Un chiffre préoccupant pour Édouard Morlot, qui rappelle le rôle central des organisations professionnelles dans un environnement juridique de plus en plus complexe. Veille réglementaire, formations obligatoires, accès à une information fiable : pour les professionnels de la transaction, de la gestion ou du syndic, ces services constituent un socle indispensable à l’exercice de leur activité.
Au-delà de l’accompagnement technique, les syndicats jouent également un rôle de mise en réseau. Les échanges entre confrères permettent de partager des retours d’expérience concrets et d’apporter des réponses pragmatiques aux difficultés rencontrées sur le terrain.
Pour le président délégué de l’UNIS, une syndicalisation plus large renforcerait également la capacité du secteur à se faire entendre auprès des pouvoirs publics.
Une politique du logement jugée non prioritaire
Le constat dressé sur la politique gouvernementale du logement est sévère. Selon Édouard Morlot, le logement ne figure pas parmi les priorités majeures des décideurs politiques. Le ministère de l’Économie et des Finances, souvent désigné comme un acteur clé des arbitrages budgétaires, est perçu comme un frein aux mesures nécessitant des investissements significatifs.
Une citation d’Édouard Philippe, ancien Premier ministre, illustre cette approche : bien que 40 milliards d’euros investis dans le logement génèrent 86 milliards de retombées économiques, le montant initial était jugé « beaucoup trop » élevé. Une vision qualifiée d’incompréhensible, alors que le logement représente la première dépense des ménages français et constitue un pilier essentiel de l’insertion sociale et économique.
Les conséquences de cette non-priorisation sont visibles : augmentation du nombre de personnes sans domicile, difficultés croissantes pour les actifs à se loger à proximité de leur lieu de travail, tensions persistantes sur l’offre. L’encadrement des loyers est également critiqué, car considéré comme inefficace et contribuant à la réduction de l’offre locative plutôt qu’à l’amélioration de l’accessibilité. Pour l’UNIS, la réponse passe avant tout par une augmentation de l’offre de logements.
Un secteur résilient et tourné vers l’avenir
Malgré un environnement administratif et réglementaire contraignant, le secteur immobilier continue d’attirer des entrepreneurs. La création d’agences se poursuit, signe de l’utilité économique et sociale de ces métiers. Agents immobiliers, acteurs de la mise en relation entre vendeurs et acquéreurs, et syndics, garants de la conservation du patrimoine, demeurent des maillons essentiels du fonctionnement du marché.
La récente remontée du nombre de transactions apporte par ailleurs un signal encourageant pour la pérennité du secteur. Un optimisme prudent se dessine pour 2026, à condition que les acteurs politiques adoptent une approche plus cohérente et que les organisations syndicales poursuivent leur travail d’accompagnement et de défense des professionnels.
Dans un contexte incertain, la structuration collective apparaît plus que jamais comme un enjeu stratégique pour l’immobilier français.
C’est ce qu’Edouard Morlot, Président délégué de l’UNIS, a exprimé a notre micro, à l’occassion du congrès FNAIM 2025, qui s’est déroulé à la Pyramide du Louvre, à Paris, début décembre. Les agents immobilier sont inquiets, les administrateurs de biens et les syndics le sont également. Pour l’instant, aucune prespectives positives à l’horizon. Les professionnels demandent simplement de l’écoute, de la reconnaissance.
Le Ministre, Vincent Jeanbrun, passe une tête pour montrer qu’il est là ! Pour quel résultat ? rien, nada, quedalle. L’année 2026 sera une année compliquée pour le logement et pour la profession. L’avenir n’est pas tout noir, mais il y a du boulot.