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Immobilier et changement climatique : comment la filière s’adapte

Jerome ARMAND
Jerome ARMAND

Journaliste

Invités : Cédric DE LA CHAPELLE · Sébastien PRUD’HOMME · Aurélie RABAUDO ZULBERY · Mohamed ELMTIRI
Sociétés citées : KONE

Canicules, hausse des températures, pression sur les ressources énergétiques : le changement climatique transforme progressivement les attentes envers les bâtiments. Pour les professionnels de l’immobilier, l’enjeu ne consiste plus uniquement à réduire les émissions de carbone. Il faut désormais concevoir, rénover et exploiter des bâtiments capables de résister à des conditions climatiques de plus en plus contraignantes.

À l’occasion de la 5ᵉ édition du Salon de l’immobilier bas carbone (SIBCA), Corinne Frappin consacre le 17ᵉ épisode des Curieux de l’immo à une question centrale : comment la chaîne de l’immobilier fait-elle face aux défis climatiques ?

Changement climatique : pourquoi l’immobilier doit repenser ses pratiques

Les épisodes de fortes chaleurs soulèvent une question qui dépasse désormais la seule performance énergétique des bâtiments : seront-ils encore confortables et adaptés aux conditions climatiques de demain ?

Longtemps, les politiques de rénovation énergétique ont principalement cherché à réduire les consommations de chauffage et à améliorer le confort d’hiver. Mais les vagues de chaleur rappellent l’importance d’intégrer également le confort d’été, la ventilation, la protection solaire et la résilience des équipements.

Cette évolution impose de distinguer deux approches complémentaires.

L’atténuation du changement climatique vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre, notamment grâce à la sobriété énergétique et à l’utilisation de solutions bas carbone.

L’adaptation au changement climatique consiste, quant à elle, à préparer les bâtiments aux conséquences du réchauffement : températures élevées, épisodes climatiques extrêmes et évolution des besoins énergétiques.

Pour les acteurs interrogés, ces deux dimensions doivent désormais être pensées ensemble.

Photovoltaïque et autoconsommation : produire une énergie locale et décarbonée

Transformer les toitures et parkings en ressources énergétiques

La première rencontre de Corinne Frappin est consacrée à l’énergie solaire avec Mohamed ELMTIRI, représentant de GIRASOLE ENERGIES.

L’entreprise développe des solutions photovoltaïques destinées aux professionnels, notamment aux sites industriels, commerciaux et tertiaires disposant de surfaces exploitables.

Toitures, parkings ou terrains disponibles peuvent ainsi accueillir des installations capables de produire de l’électricité directement sur le lieu de consommation.

L’objectif est de permettre aux entreprises de consommer une partie de l’énergie qu’elles produisent, plutôt que de dépendre exclusivement du réseau électrique.

Associée à des solutions de stockage, cette production locale peut également contribuer à améliorer la résilience énergétique des sites.

La rentabilité reste une condition essentielle

Pour Mohamed ELMTIRI, la réussite d’un projet photovoltaïque repose sur plusieurs paramètres.

L’étude de faisabilité commence par l’analyse des surfaces disponibles, de la consommation électrique du bâtiment et de sa courbe de charge. Ces données permettent d’évaluer la quantité d’électricité susceptible d’être produite et la part pouvant être autoconsommée.

L’installation doit ensuite répondre à plusieurs exigences : être techniquement réalisable, économiquement pertinente, compatible avec les contraintes réglementaires et sécurisée sur le plan juridique.

L’intervenant résume cette double exigence : « Il y a la rentabilité, bien sûr, pour le client, mais il y a aussi la faisabilité, la complexité du projet. »

GIRASOLE ENERGIES présente notamment un modèle dans lequel elle prend en charge l’investissement, la construction, l’exploitation et la maintenance des centrales photovoltaïques, avec des engagements contractuels de performance.

La transition énergétique ne repose donc pas uniquement sur l’installation de nouveaux équipements. Elle nécessite également des modèles économiques et contractuels capables d’inscrire ces investissements dans la durée.

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