Crédit immobilier Juin 2026 : la remontée modérée des taux provoque une sélection plus stricte

Crédit immobilier Juin 2026 : la remontée modérée des taux provoque une sélection plus stricte

La remontée modérée des taux immobiliers pousse les banques à renforcer leur sélection des emprunteurs. Décryptage des tendances du crédit immobilier en juin 2026.

Les Signaux Du Crédit

L’instabilité et la prudence sont désormais présentes dans toutes les têtes des banquiers. La banque centrale Européenne laisse transpirer l’idée d’un relèvement des taux directeurs sur la zone Euro, lors de la prochaine réunion des gouverneurs de banques centrales. Il restera à voir quelle stratégie elle veut imprimer ses décisions. Soit il s’agira d’un signe préventif pour donner un signal au marché qu’elle est prête à suivre au plus près l’évolution du contexte et de l’inflation. Soit, ce sera de suite un signe fort visant à barrer la route à une hausse des prix gênante pour l’équilibre monétaire. Sauf qu’en adoptant cette position, ce serait aussi un coup de frein à l’investissement et à la consommation, qui n’ont pas vraiment besoin de cela en ce moment.

Mais l’incertitude concerne aussi le contexte géopolitique international, avec des situations au Moyen-Orient susceptibles d’évoluer chaque jour. Nous avons entrevu les effets sur le prix des carburants, mais désormais la propagation touche toute l’économie mondiale dans un nombre important de secteurs d’activité.

Enfin, s’agissant du Logement, les idées parlementaires se succèdent dans une espèce de brouhaha et sans réelle concertation, mais surtout sans un véritable Plan Logement. En effet l’engagement de construction du ministre (on est passé à 1 million de logements d’ici 2020 !) est une chose mais, outre l’utopie de cet objectif, il ne répond pas à l’intégralité des défis écologiques, sociaux et de capacité de production.

Seul rayon de soleil dans ce paysage morose : sur le front des taux d’intérêt, les banques tiennent encore la barre et soutiennent les projets, même si elles sont très prudentes et contraintes de remonter leurs barèmes, mais de façon modérée pour l’heure. Elles ne veulent ni manquer cette saison, ni provoquer l’effet de ciseau redouté avec les futurs taux d’usure de fin juin. Mais jusque quand pourront-elles faire ces sacrifices de marge ?

Crédit immobilier: Les banques tentent d’éviter un nouvel effet de ciseau

Je vous évoquais le mois dernier les craintes partagées par les courtiers et les banquiers d’un effet de ciseau, du fait d’un véritable risque de remontée forte des taux d’intérêt sur les barèmes de crédits immobiliers et le seuil des taux d’usure. Parfaitement conscientes des conséquences destructrices que cela aurait, les banques essaient de limiter leur ajustement à une tension de plus en plus forte sur les taux de référence.

Que ce soit l’OAT 10 ans qui aura fait du yoyo à plusieurs reprises entre 3,40 et 3,92% en mai, ou la quasi-certitude d’un relèvement des taux directeurs de la BCE lors de sa réunion des gouverneurs des banques centrales de la zone euro le 11 juin prochain, rien n’augure d’une détente de la pression. Mais comme le début d’année s’affiche dans le prolongement de « mieux » de 2025 dans les nouveaux crédits consentis et que le printemps de l’Immobilier se prolonge habituellement jusqu’en août, les banques font le dos rond pour engranger des dossiers bien ficelés, en redoutant de devoir resserrer le robinet dès septembre. Tout ce qui est pris n’est plus à prendre ! 

Le nouveau Gouverneur de la Banque de France n’y changera rien, d’autant que l’institution se satisfait encore de la maitrise des risques consécutive à des critères HCSF totalement décalés désormais, et d’une faible emprise sur le contexte économique européen. On s’en remet donc à la témérité des établissements bancaires, eux-mêmes aux prises avec leurs réorganisations internes, à la cybersécurité et au déploiement prochain de l’euro numérique qui va faire maigrir les bilans des banques et donc leur capacité à prêter.

Immobilier neuf et ancien : des dynamiques contrastées

Pour le marché du Neuf, la descente aux enfers ne semble pas trouver de limites.

La Fédération des Promoteurs Immobiliers a beau crier « au secours », l’appel se meurt dans les couloirs des assemblées parlementaires. Certes, on lui dit prendre des initiatives pour redresser la situation, mais le temps est l’adversaire de la construction.

Du côté de l’ancien, il suffit d’aller aux devants des agences ou des réseaux pour comprendre que les porteurs de projets sont toujours en veille, mais tardent à prendre la décision finale. Pire, on voit réapparaitre en plus grand nombre les dénonciations de mandats et les annulations.

Une hausse des taux certaine, mais de quelle ampleur ?

Pour juin, les banques ne sont pas pressées de sortir leurs nouveaux barèmes. Les fourchettes au sein des grilles sont larges, traduisant l’autorisation que se laissent les banquiers d’adapter leurs conditions finales au fil des jours et surtout au regard de la qualité des dossiers soumis.

On notera qu’elles ont, pour la plupart, maintenu leurs offres « booster » permettant d’accompagner notamment les primo-accédants avec des enveloppes de 20 à 35 000 euros à des taux bonifiés. Ceci permet de faire ressortir un taux moyen plus incitatif.

Pour ce qui concerne les maturités usuelles, on connait une hausse entre 0,05% et 0,30% selon les établissements. Et quant à notre baromètre, cela donne des indications sur les taux :

  • Sur 15 ans, on peut trouver des taux entre 3,45 % et 3,90 %
  • Sur 20 ans, on sera entre 3,55 % et 4,00 %.
  • Sur 25 ans et plus, on sera entre 3,65 % et 4,10 %.
  • Enfin s’agissant des prêts relais, on vous proposera entre 3,7 % et 4,50 %
  • *Tous les taux sont indiqués hors assurance

Ces taux indiqués sont des fourchettes raisonnables. Attention, aux taux parfois affichés plus flatteurs. De plus, les profils les plus aisés peuvent espérer encore obtenir des dérogations ponctuelles.

En synthèse :

Dans un climat anxiogène, et tandis que le monde politique commence à davantage se préoccuper de la campagne électorale pour les présidentielles que de se mobiliser pour entamer des actions concrètes de résolution des préoccupations des entreprises et des ménages, l’attitude des consommateurs est teintée d’une prudence bien compréhensible. C’est la même prudence qui a envahi les comités de crédit des banques.

Du coup, si chacun s’attend, on pourrait bien provoquer un immobilisme peu réjouissant et surtout stérile. Il reste des belles opportunités, dans les opérations comme dans le financement. Tout réside dans la décision.

Bruno ROULEAU

Délégué général de la Fédération du Courtage en Crédit

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