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UNIS 2026 : Pierre Kalil Fondateur de Virya Copro

Jerome ARMAND
Jerome ARMAND

Journaliste

Virya Copro : l’IA qui veut rendre aux syndics le temps qu’ils n’ont plus

Pierre Kalil a été frustré, comme beaucoup de copropriétaires, par le manque de réactivité de son syndic. Avec son associé, il a créé Virya Copro, un copilote basé sur l’intelligence artificielle et conçu pour les gestionnaires de copropriété. La promesse : 40 à 50 % de temps gagné sur les e-mails et le traitement administratif.

Fuite d’eau dans la salle de bains, porte de garage bloquée, devis qui tarde à arriver… Pour un gestionnaire de copropriété, chaque journée commence par une boîte mail déjà pleine. Les copropriétaires attendent une réponse rapide, les prestataires doivent être relancés, et les dossiers s’empilent. Le manque de réactivité est d’ailleurs l’un des reproches les plus fréquents adressés aux syndics. C’est précisément ce problème que Virya Copro veut résoudre.

Deux anciens de Google face à leur propre syndic

Le projet ne vient pas d’une étude de marché mais d’une expérience vécue. Pierre Kalil et son associé, tous deux passés par Google, ont constaté en tant que copropriétaires à quel point leurs propres syndics peinaient à répondre et à assurer le suivi. Plutôt que de s’en tenir à la critique, ils ont analysé le quotidien des gestionnaires et identifié un besoin clair : automatiser les tâches répétitives qui grignotent leurs journées.

Leur constat est simple. Le gestionnaire n’est pas lent par négligence. Il est submergé par un volume de sollicitations qu’aucun humain ne peut absorber correctement seul. L’IA peut prendre en charge une bonne partie de ce volume, à condition d’être pensée pour le métier.

De l’e-mail à l’action : comment fonctionne l’outil

Virya Copro se présente comme un assistant copilote. Prenons l’exemple cité par Pierre Kalil : un copropriétaire signale une fuite d’eau. L’outil commence par comprendre la nature du problème. Il construit ensuite un arbre de décision et d’actions : qui est concerné, quelles démarches engager, dans quel ordre.

Pour agir, il interroge les bases de données disponibles. Il retrouve la fiche du copropriétaire, vérifie le contrat d’assurance de l’immeuble et identifie le plombier référencé. Il peut alors formuler une réponse adaptée et lancer les actions nécessaires, automatiquement et rapidement.

Le copropriétaire n’attend plus plusieurs jours un accusé de réception. Il obtient une réponse rapide et sait que son dossier est pris en charge.

Des relances qui ne s’oublient plus

Le suivi des prestataires est l’autre point fort de l’outil. Dans une agence, relancer un artisan pour obtenir un devis ou un retour d’intervention fait partie des tâches qui passent facilement à la trappe. Virya Copro les automatise avec des délais qui s’adaptent à la situation : 6 heures, 12 heures, 24 heures, 5 jours ou 7 jours selon l’urgence et le type de demande.

Une fuite active n’appelle pas le même rythme de relance qu’un devis de ravalement. L’outil fait cette distinction et maintient la pression là où elle est nécessaire, sans que le gestionnaire ait à tenir un agenda de relances.

Le gestionnaire supervise, l’IA exécute

Virya Copro ne prétend pas remplacer le gestionnaire. Celui-ci garde la main et se contente de superviser les actions proposées ou engagées par l’outil. Son rôle évolue : moins de saisie et de copier-coller, davantage de contrôle, de relation client et de décisions à valeur ajoutée.

Selon Pierre Kalil, le gain de temps atteint 40 à 50 % sur le traitement des e-mails et des problèmes administratifs. Dans un métier marqué par la pénurie de gestionnaires et un fort turnover, ce chiffre change la donne. Il permet aussi de répondre à la principale attente des copropriétaires : plus de réactivité et un suivi visible.

Un développement mené avec le terrain

Pour éviter l’écueil de l’outil conçu loin du terrain, Virya Copro s’appuie sur des agences pilotes. Leurs retours servent à affiner les scénarios, ajuster les réponses et coller au plus près des pratiques réelles des cabinets.

L’entreprise passe désormais au déploiement commercial, avec une quinzaine de clients équipés entre octobre et début novembre. Une étape importante pour une jeune société qui doit montrer que ses promesses tiennent à l’échelle.

Le chantier des logiciels métiers

La prochaine étape est l’interopérabilité. L’efficacité de Virya Copro dépend de son accès aux données : fiches copropriétaires, contrats, prestataires. Or ces informations se trouvent dans les logiciels métiers déjà utilisés par les syndics. L’entreprise cherche donc à nouer des partenariats avec les principaux éditeurs du marché afin de simplifier la connexion aux bases de données et d’automatiser leur mise à jour.

Si ces partenariats aboutissent, le copilote pourra s’intégrer sans friction dans l’environnement existant des cabinets, ce qui est souvent la condition de l’adoption d’un nouvel outil dans la profession.

Virya Copro illustre une tendance de fond : l’IA s’installe dans les métiers de la gestion immobilière, non pour remplacer les professionnels mais pour les décharger des tâches qui les empêchent de bien faire leur travail. Pour des syndics souvent critiqués pour leur lenteur, l’enjeu dépasse la productivité. Il s’agit de restaurer la confiance des copropriétaires. Pierre Kalil et son associé en ont fait l’expérience côté client. Ils misent maintenant sur la technologie pour changer la donne côté gestionnaire.

lemedia.immo

https://viryacopro.com/

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